Langues (F.L.E.)


Je souhaite témoigner d’une expérience en tant que formatrice FLE, lutte contre l’illettrisme, alphabétisation…qui m’a profondément bouleversée et questionnée sur les enjeux de cette profession, et sur son positionnement éthique.
 Lors d’une intervention auprès de parents, désirant apprendre à parler lire et écrire français, l’association m’employant me demandait de remplir des « fiches d’identification », en guise de document d’inscription à la formation.
 Cette étape administrative a généralement comme objectif de recueillir les contacts des participants, de comprendre les enjeux de la formation pour ces derniers, et le contexte dans lequel elle pourrait se dérouler (disponibilités en fonction du contexte professionnel, social ou médical par exemple). C’est en tous cas dans ces termes que ces démarches ont toujours été entreprises dans les structures au sein desquelles j’intervenais jusque là.
Cette fois ci cependant, ma surprise fut de voir que ces « fiches d’identification » renseignaient aussi les données suivantes : titre de séjour en cours de validité : OUI / NON, date d’expiration du titre de séjour / situation professionnelle du conjoint.
 Cette formation ayant lieu dans un dispositif hors du Contrat d’Accueil et d’Insertion (CAI)…je ne voyais aucune justification administrative au lien fait entre la formation et la validité des titres de séjour des stagiaires y participant.
  Les personnes présentes étaient là sur la base du volontariat, après plusieurs démarches de ma part dans le quartier, où j’étais justement aller présenter l’action, en tentant de gagner leur confiance…
  Par ailleurs, elle se déroulait au sein même d’un établissement scolaire de l’Education Nationale, où l’on connaît la lutte qui avait été menée quelques mois auparavant par les enseignants, pour faire annuler les questionnaires tendancieux sur le « fichier base élève ». L’idée de vérifier les titres de séjour des stagiaires me semblait d’autant plus contradictoire au sein d’un tel lieu, à priori encore à l’abri de ces pratiques…
 En quel nom, allais-je, moi, formatrice FLE, contrôler des documents administratifs, au détour d’un entretien servant à recueillir les contacts de la personne ? Par ailleurs, en quoi la situation professionnelle du conjoint des stagiaires avait-elle un lien avec cette formation ? J’aurais été la première à m’insurger si l’on m’avait posé cette même question, alors que je m’inscrivais à un cours d’espagnol…
 Je laissais donc ces cases vides, en attendant de pouvoir demander à mes supérieurs hiérarchiques quelques explications à ce propos. Leur réponse me surprit davantage, lorsqu’ils affirmèrent que cette question était « hautement politique »,  que « je n’étais pas là pour faire de la politique », que ces renseignements étaient destinés aux financeurs (politique de la ville, collectivités locales, et FSE), et qu’il était normal que ces derniers identifient leur public !
 Je refusais strictement de remplir ces données auprès de ma hiérarchie, qui après divers échanges préféra passer cette question houleuse sous silence le temps de mon contrat, afin de ne pas faire sortir au grand jour ces pratiques.
 Par la suite, l’association en question, donna des consignes radicales en expliquant qu’il était désormais strictement impossible d’accueillir des personnes sans titres de séjour en cours de validité sur la formation, et qu’il revenait aux formateurs de vérifier ces documents…Démarche suivie par la majorité d’entre eux.
  Cette pratique n’est malheureusement pas minoritaire au sein des organismes de formation qui n’hésitent pas  à négliger de se positionner sur ces questions éthiques afin de pouvoir se placer au mieux sur les appels d’offres, en ne froissant jamais leurs potentiels financeurs, intimement liés aux décisions politiques…
 J’ai personnellement fait ce métier, avec l’idée de transmettre aux migrants le souhaitant, l’un des outils fondamentaux pour leur émancipation sur le nouveau territoire qu’ils arpentent. Je suis choquée de voir que cet objectif est aujourd’hui mêlé aux volontés politiques de contrôler la migration…en empêchant l’accès à la maîtrise de la langue, écrite ou orale, essentielle pour vivre et accéder à ses droits sur le territoire français…à ceux qui n’auraient pas de papiers…et à qui l’on reprochera plus tard de ne pas parler la langue du pays d’accueil après tant d’années passées en France.
 Refuser cette volonté d’ouverture sur le pays d’accueil aux migrants le désirant, est sans doute le meilleur moyen de les en dissuader pour de longues années.
 Cette « dérive » du sens donné à la formation et du rôle de contrôle endossé par les formateurs s’étend à mon regret à d’autres domaines. Je fus surprise de voir à plusieurs reprises un lien de plus en plus fréquent entre les gestionnaires des aides sociales (CAF, ASSEDIC-Pôle Emploi) soumettant ces dernières à l’implication des bénéficiaires dans une formation linguistique. Dans ce cadre précis, les organismes précédemment cités n’hésitent plus aujourd’hui à solliciter les formateurs pour s’assurer du suivi régulier de la formation par leur public  afin de valider ou non le versement des aides sociales. Ici encore je dénonce la dérive du rôle de formateur à qui l’on demande de devenir un informateur…
 Cette question d’accès au droit à la formation pour toutes et tous me semble essentielle à avoir si l’on veut continuer à donner un sens à notre métier dans le futur. Si les professionnels de la formation ne la posent pas, qui s’en chargera ? Je reste persuadée que c’est un devoir qui nous revient, que de l’amener sur le débat public, et de résister aux volontés politiques de l’Etat d’utiliser la formation comme moyen de contrôle supplémentaire des migrants, plutôt que comme un outil d’émancipation sur la terre d’accueil.


Source:FLE Sud/Est

Par SNPF - CGT - Publié dans : Langues (F.L.E.) - Communauté : FORMATION PROFESSIONNELLE
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Depuis l’abandon du système des subventions et la création du nouveau code des marchés en 2003, toutes les structures souhaitant bénéficier de subventions publiques sont contraints de recourir aux marchés publics, en répondant à des appels d’offres.
       Dans le cas des formations linguistiques, un appel d’offres est une procédure qui permet à un commanditaire (l’État, la ville, la région, le département), de choisir la /(ou les) structure(s) la/(les) plus à même de réaliser une prestation de services.
  L’objectif est de mettre ces structures en concurrence pour fournir ce service.
  La préparation d'un appel d'offres implique l'élaboration d'un cahier des charges, qui décrit les enjeux du maître d'ouvrage, les grandes fonctionnalités et les usages attendus pour le service, les exigences, les contraintes propres à la maîtrise d'ouvrage.
           Les organismes de formation au statut d’association sont donc mis en concurrence avec des centres privés et publics de formation (GRETA, ADEP) dans un système « marchand » dont ils n’avaient pas forcément l’expérience. Les centres sociaux en pâtissent également, car ils voient leurs subventions se réduire au fil des années.
             Nous nous interrogeons donc sur ce que sous-entend ce fonctionnement.
  Car fonctionner en marché public avec des appels d’offres, c’est : mettre les grosses et petites structures en concurrence aux dépens des plus petites, donner des subventions de courte durée, et viser des publics en particulier.

 1/ La mise en concurrence des structures, clairement énoncée dans la définition même d’un appel d’offres

             En répondant aux appels d’offres, les organismes publics et privés entrent en concurrence avec des organismes de formation à statut associatif, donc à financement plus réduit.
 Les associations et les centres sociaux de proximité sur un territoire défini – en général, les plus aptes jusqu’ici à répondre aux besoins des plus démunis – s’en trouvent fragilisés faute de moyens et de reconnaissance de leur utilité publique. Car dans la quasi-totalité des cas, un financement sur ressources propres des personnels enseignants et administratifs constitue une charge trop importante qu'elles ne peuvent assumer, et qu’elles doivent pallier par le bénévolat.
             Pourquoi mettre les différents acteurs de la formation dans une situation de compétition quand on sait qu’elles peuvent fournir un travail complémentaire ? La formation serait-elle en passe de devenir un bien marchand ?
              Cette concurrence pousse les organismes de formation (OF) à adopter diverses stratégies pour tirer au mieux leur épingle du jeu. Souvent, ces derniers sont dans l’obligation de s’associer afin d’obtenir un marché. Dès lors, la guerre entre associations est lancée : à celui qui gagnera le marché !

 2/ Un appel d’offres à durée limitée…

             Ces marchés fonctionnent sur une, deux, ou trois années, rarement davantage. D’une année sur l’autre, les structures doivent répondre aux appels d’offres et ne sont par conséquent jamais certaines d’obtenir le marché.
 
 Il est courant qu’une association perde un marché et en gagne un autre. Dans le cas de la perte d’un marché, l’OF n’est pas dans l’obligation de transmettre ses contenus de formation à l’OF qui a gagné le marché.
 
             Dans cette incertitude et ce climat de concurrence, comment mettre en place des programmes de formation réfléchis et élaborés à moyen ou long terme ? Que devient le bénéficiaire ? Quel suivi lui propose-t-on ? Devra-t-il aller poursuivre sa formation ailleurs ? Ou verra-t-il simplement sa formation arrêté sous prétexte qu’il n’y a plus de subventions pour lui dans tel ou tel organisme ? Et dans ces conditions, comment les structures peuvent-elles pérenniser les emplois des formateurs?
             On oublie alors même le cœur de la formation: le bénéficiaire et ses besoins en termes de formation.
 
 3/ Les appels d’offres visent un public particulier

              Chaque commanditaire va décider à quels publics il souhaite offrir telle ou telle formation : l’un choisira les RMistes, l’autre les demandeurs d’emploi, etc.
               Les restrictions existent et la formation proposée ne permet donc pas d’être accessible à toutes personnes susceptibles d’avoir des besoins linguistiques en français. Nombre d’organismes de formations répondant à des appels d’offres n’acceptent sur leurs dispositifs que certains publics, en fonction de critères bien spécifiques, et limitent donc l’accès à la formation à toute une partie des migrants.
 Peu à peu, l’action est en train de se réduire aux étrangers (hors UE) en situation régulière et nouvellement arrivés en France, désireux de s’y installer et d’y travailler. Les personnes issues de l’immigration, vivant depuis longtemps dans notre pays, en sont peu à peu exclues et ne peuvent donc plus bénéficier des actions visant à faciliter leur intégration.
              Par ailleurs, accorder des subventions pour un public spécifique, suppose qu’on les considère comme un ensemble rencontrant les mêmes difficultés. Or, dans les RMistes par exemple, on retrouvera la typologie suivante : certains relèveront de l’analphabétisme, d’autres de l’illettrisme ou d’autres du FLE. Une seule formation n’est pas apte à répondre aux problématiques liées à des types de publics aussi divers.
  Tout comme le public, les objectifs visés par les dispositifs de formation sont dès lors largement orientés par ces financements. Les organismes de formation se retrouvent donc avec des dispositifs sur lesquels on répond à plusieurs objectifs, pas toujours compatibles et pas en adéquation avec le public visé.
              Les besoins des personnes sont donc assujettis à l'importance que leur accorde la société, puis aux considérations annexes — et surtout économiques — de ceux qui les accueillent, puis à des politiques d'actions. Autrement dit, les besoins des personnes concernées perdent leur priorité au profit d’autres intérêts.
  On ignore ce qui se passe sur le terrain, le nombre de personnes concernées, les besoins de ces publics.
  Ce faisant, on admet que les populations fragiles et démunies ne peuvent prétendre à un traitement à égalité avec leurs concitoyens et que l'argent public n’est pas destiné à ces populations.
 
4/ Contenu de réponse à un appel d’offres

                 Après connaissance de la publicité de l'appel public à la concurrence, les candidats constituent le dossier de consultation en réunissant tous les documents obligatoires ainsi que ceux mentionnés dans l'appel d'offres.
 Si un minimum d’expérience et de bon sens sont nécessaire, l’OF candidate doit dans un premier temps s’approprier toute une terminologie relative à la matière. De nombreux sites Internet permettent de se faire guider dans la rédaction de ce dossier.
              Ce sont des procédures formalisées. Une fois les compétences rédactionnelles acquises et un marché déjà obtenu, répondre à un appel relève de savoir-faire procéduraux.
             Aujourd’hui, la mise en place des formations linguistiques ne s’effectue plus suite à l’analyse des besoins d’un public sur un territoire ; besoins auxquels on tenterait de répondre, une fois clairement identifiés. Ce sont, à l’inverse, les instances publiques qui définissent une offre de formation contenant des critères spécifiques à laquelle l’OF se doit de répondre. Et ces critères ne sont pas toujours en adéquation avec la réalité sur le terrain.
             Finalement, la structure qui répond à un appel d’offre se préoccupe davantage de ce que veulent entendre les financeurs que des réels besoins des personnes sur le terrain. Le but est d’avoir des subventions pour survivre !
              Et qui vient vérifier si le contenu de la réponse à l’appel d’offre est bien existant ?
 
 Conclusion

              En France, les prestataires de services, tels que ceux offrant des formations linguistiques aux migrants, sont choisis dans le cadre d’une procédure de mise en concurrence conformément au code des marchés publics et doivent répondre à un cahier des charges précis.
               Les activités développées par les associations dans le cadre des formations linguistiques n’échappent donc plus à la marchandisation inhérente à la logique de l’appel d’offres avec mise en concurrence.
                Les difficultés que rencontrent aujourd’hui les OF proviennent d’un désengagement de l’État qui fragilisent les associations et condamne à l’isolement les personnes les plus fragiles et les plus éloignées du droit.
                La France accueille tous les ans à peu près 100 000 nouveaux immigrés, sans compter les centaines de milliers d’autres qui, à des degrés divers, ont besoin d’une formation linguistique pour mieux s’intégrer à la société française. Le champ du FLE/FLS/ Alphabétisation pour les migrants n’est donc pas un domaine marginal, d’autant que la question de l’intégration est au cœur du débat public. La maîtrise de la langue du pays d’accueil devenue une condition générale d’intégration des migrants est une composante désormais obligatoire du contrat d’accueil et d’intégration. Enfin, la question de l’illettrisme apporte de nouveaux besoins auxquels l’État se doit de répondre par des dispositifs de formations adaptés aux besoins de chacun de ces publics.


Source: Collectif FLE Sud/Est

FW: Blog
Par SNPF - CGT - Publié dans : Langues (F.L.E.) - Communauté : FORMATION PROFESSIONNELLE
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Bonjour,
Je suis formatrice en langues.
Parmi mes multiples employeurs, je travaille dans une école privée de l'enseignement supérieur depuis mars 2007 en tant que vacataire d'anglais intervenant pour environ 4h par semaine pendant 8 semaines chaque semestre. J'ai donc des bulletins de salaire d'octobre à mai, 8 mois par an depuis cette date. Le salaire horaire est de 52€ de l'heure.
Nous avons été tous invités par la direction à une réunion de fin d'année scolaire avant l’été où elle nous propose de nous augmenter à 58€ de l'heure ... A CONDITION QUE nous adoptions tous le nouveau système d'auto-entrepreneur ou indépendant en prenant un n° Siret.
Leur argument est que, suite aux contraintes infernales qu’on leur impose pour les vacataires (qu'ils "n'ont pas le droit d'employer plus de 30 jours par an"-ce sont les formateurs occasionnels- ndlr) et suite aux nouveaux dispositifs dans lesquels l'auto-employé paye lui-même ses charges à 18%, joignant le geste à la parole en brandissant un exemplaire d’une revue économique avec le titre en couverture "améliorez vos revenus"...
Ils envisagent ce nouveau système où "on est tous gagnant-gagnant" puisqu'ils vont nous faire bénéficier d'une partie de l'économie qu'ils font de leur 40% de charges patronales qu'ils n'auront plus à payer. Mais ils soulignent que leur motivation première n'est pas de réduire nos salaires par 20% mais de sortir du "carcan" du plafond de 30 jours maximum de jours de vacation par an ; ils pourront nous donner beaucoup plus de travail…  
Une grande partie d'intervenants étant consultants ou employés dans des entreprises de marketing, de publicité, d'organisation d'événements, etc, ils sont peu nombreux à avoir formulé des objections.
Les syndiqués CGT et d’autres, ont posé des questions:
-     ne risque-t-on pas perdre les droits acquis? Il est évident que l'on perd l'assurance chômage mais il est probable que nous ne l'ayons pas de toute façon puisqu'il ne figure pas dans nos cotisations actuelles)
-     pouvons-nous garder le statut de salarié vis-à-vis de nos autres employeurs ? Mais dès qu'on a un n° Siret, tous nos employeurs vont à tout prix vouloir profiter de ce changement de statut....

On nous a rassurés ! Evidemment que non....
Alors, j’ai pris la parole prétextant qu’en tant qu'étrangère, je ne comprenais pas tout : Comment peut-on espérer rééquilibrer la situation de la sécurité sociale et de la retraite si tout le monde trouve des solutions pour baisser leurs cotisations ? Que risque-t-on de perdre en tant que salarié en acceptant ce nouveau statut?
 A la fin de la réunion, une majorité d’intervenants semblait ne pas être contre (ou n'osait rien dire). Le directeur nous a invité à venir le voir individuellement au cas par cas. Mais, en réalité, il a été clair : si on n'accepte pas ce changement, on n'aura pas de cours l'année prochaine.
Tout cela me chagrine et me révolte.

Je pourrais laisser trainer, prétextant que je n'ai pas trouvé le temps de me renseigner auprès des Caisses avant de prendre mon n° de Siret...
Je pourrais écrire un courrier de refus, argumentant que je préfère travailler pour des institutions dont la culture et l’esprit sont plus socialement responsables.
Mais je me dis que ce serait peut-être plus efficace de contacter le SNPEFP CGT qui m’aidera à  résister à ce changement de statut et à trouver des arguments (pour l'intérêt individuel en plus de celui évidemment social...) auprès des autres profs.
Et si quelques profs (ou moi-même, toute seule, pour le principe) refusons ce changement de statut et cette ‘augmentation’ dangereuse et informons vouloir rester sur les bases de paiement anciennes, quelles en seront les conséquences ? Aurons-nous à nous défendre éventuellement par une procédure auprès des prud'hommes pour licenciement ou changement abusif de contrat?
Salutations syndicales
M. G.

Blog :  la casse du métier
Par SNPEFP Formation privée - Publié dans : Langues (F.L.E.) - Communauté : FORMATION PROFESSIONNELLE
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Par FLE Attaque :: 15/12/2009 à 12:05 :: Les témoignages, les bilans et les actions des professionnels Voici le témoignage d'un professeur de FLE à Bruxelles aux Institutions européennes
Indépendant ou faux-indépendants ?
La Commission met à jour deux tristes réalités: Le degré de dépréciation actuel des professions de l'enseignement et la mise en pratique néolibérale de ses beaux discours moralisateurs. Par un système d'appel d'offre, la Commission encourage elle-même, l'instauration de conditions de travail inacceptables. Cela se passe dans ses propres locaux, au nez de ses propres fonctionnaires.
Depuis 10 ans, les conditions des enseignants des cours de langues qui travaillent pour les sociétés privées qui remportent les appels d'offre de la Commission n'ont fait que se dégrader. La situation est telle qu'elle va contre la logique même de respect et de défense des travailleurs prônée par la Commission.
En effet, le dernier contractant qui a remporté tous les lots de langues au dernier appel d'offre propose des prix imbattables. Il est parfaitement clair dès le début que les économies seront faites sur les rémunérations des formateurs indépendants. Les premières offres de cette agence faisaient d'ailleurs fi des rémunérations des enseignants, de leurs diplômes et de leurs nombreuses années d'expérience. Pour certains, les rémunérations proposées représentaient une baisse de revenus de 40 % ! Quand on pense que cette entreprise bénéficie de soutien du plan Bruxelles Invest qui lui offre entre autres des locaux gratuits à Tour et Taxi et d'autres avantages fiscaux ! Est-ce à cela que servent ces subsides ?
En outre, les enseignants se plaignent de la pauvre qualité des propositions pédagogiques du contractant et ont déjà constaté de nombreux points très peu satisfaisants. Cette société semble d'ailleurs avoir beaucoup de difficultés à remplir les attentes de la Commission. N'aurait-elle été choisie que pour son offre budgétaire imbattable, contre toute logique professionnelle ?
Après 4 mois de bataille, une pétition de soutien signée par 4 000 fonctionnaires européens avec l'aide de l'union syndicale, une manifestation diffusée sur la RTBF, le contractant vante ses mérites et ses réussites tout en faisant planer le spectre de la crise et révise ainsi très lentement ses conditions. Cependant, il établit toujours un net lien de subordination qui va à l'encontre du statut d'indépendant et il instaure des conditions de rémunérations tirées à l'extrême et qui risquent en plus de mettre en danger la qualité des formations. Certains, faute de mieux, se voient obligés d'accepter l'offre proposée même quand elle est inférieure à ce qu'ils gagnaient parce qu'ils n'ont pas d'autre choix. Sous le prétexte de réaliser quelques économies, la Commission, au nom du libéralisme, laisse clairement un contractant engager des gens pris dans un engrenage de remboursement de taxes tout en leur proposant des rémunérations inférieures. Comment nommer de telles pratiques ? La question des dizaines de millions qui pourraient être économisés sans le double siège du Parlement resurgit pour certains à la surface.
Les Institutions Européennes (IE) exigent beaucoup de leurs professeurs, en termes de diplômes et d’expérience. La qualité du travail de milliers de fonctionnaires et leur promotion interne étant liée à leurs compétences linguistiques, les prestations des enseignants sont évaluées de manière constante. De plus, les besoins des Institutions sont permanents et pourraient permettre la création de contrats stables. D'autre part, les directives de Lisbonne 2010 mettent clairement l'accent sur la valorisation de l'expérience et des diplômes ainsi que sur la création d'emplois stables et valorisants.
Malgré tout, les enseignants sont soumis au régime de travail des indépendants payé à l'heure prestée sans tenir compte du travail de préparation des cours, corrections des tests, démarches administratives... Puisque ce statut ne prévoit pas de congés payés, les périodes où il n'y a pas de cours représentent une forme de chômage technique non indemnisé. Cela suppose normalement une rémunération en conséquence. Loin d'être le cas, les budgets, constamment revus à la baisse, poussent encore une fois les contractants à proposer des conditions de plus en plus dures. Tout cela permet évidemment de réaliser certaines économies, mais à quel prix ?
Il semblerait que l'état actuel du contrat d'appel d'offre oblige à appliquer ces honoraires aussi bas et ces conditions aussi dures pour que cela soit rentable pour les écoles concernées. Les enseignants cherchent par conséquent à entrer en contact avec la Direction Générale de l'Administration pour se procurer le cahier des charges de l'appel d'offre mais, jusqu'à présent, celle-ci refuse le dialogue.
Ces formateurs cherchent un moyen de démontrer qu'ils sont en réalité de faux indépendants dénués de nombreux droits fondamentaux des travailleurs au grand bénéfice des contractants qui ne participent sous aucune forme aux contributions sociales et ne sont soumis à aucune garantie d'emploi ni de traitement. Toutefois, même si ce statut de faux indépendants est indépendant de leur volonté, les formateurs n'ont guère d'autres alternatives pour enseigner aux adultes sans passer par ce statut.
La Commission n'a t-elle pas un devoir d'exemple en matière de traitement des personnes qui y travaillent ? De plus, si la Commission est directement impliquée dans le choix du contractant qui se chargera d'assurer la qualité des formations, comment garantir celle-ci face à de telles conditions de travail ?
Par SNPEFP Formation privée - Publié dans : Langues (F.L.E.) - Communauté : FORMATION PROFESSIONNELLE
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Avantages:
Autonomie, rencontres, metier "intellectuel"
Inconvénients:
mal payé, pas de considération, pas de promotion .  .

Je me permets d'ajouter mon humble pierre aux avis sur le secteur de la formation qque je connais bien pour y travailler depuis plusieurs années.

J'occupe une fonction de consultante dans une grande école de formation linguistique dont je tairai le nom pour éviter toute difficulté d'ordre judiciaire.
Disons simplement que dans mon job, je suis au contact quotidien d'hommes et de femmes de toutes nationalités ayant décidé de faire de leur langue natale un moyen de gagner leur vie, c'est à dire formateurs de langue.

Et bien, la vie de ces gens n'est pas toujours rose, je dois dire.
D'abord, parlons du statut légal: la convention collective offre aux organisemes de langue une arme de choix: l'intermittence. La plupart des formateurs sont donc des intermittents, ce qui complique sérieusement leur situation, car l'intermittence est tres mal reglementée en France: Resultat, une multitude de vides juridiques dans lesquels l'employeur s'engouffre pour refuser tel ou tel avantage aux malheureux salariés.Ne parlons pas des CDD, qui dans ce secteur, peuvent s'enchainer comme des perles , et qui ne donnent pas droit aux indemnités de précarité (10% tout de même).

Enfin, précisons que de nombreux formateurs sont en temps partiel - souvent par convenance personnelle certes.

Si le statut n'est pas rose, le statut social ne l'est pas plus. Malheuresement, les formateurs de langue sont plutot mal payés et en tout état de cause peu considérés dans l'entreprise.
On pourrait croire le contraire (le premier représentant de l'entreprise devant le client, la force de production, etc...). Que non. Le formateur n'est qu'un empêcheur de tourner en rond, bien trop intelligent pour la position qu'il occupe.

Et c'est bien là son drame. Le formateur de langue est un intellectuel, mais il n'est pas reconnu à sa juste valeur. Son statut social est celui d'employé qualifié, voire d'agent de maitrise, ce qui engendre de nombreuses frustrations pour cette population, qui s'estime bien trop mal payée (15 à 20 € de l'heure en moyenne).
Du coup, c'est la malaise permanent avec l'employeur.

Oh bien sur, le metier de formateur c'est pââssionnant. Un metier de vocation, la transmission du savoir. Mais bon, le nerf de la guerre...c'est le pognon. Et en plus les frustrés, ça ne fait pas de bon petits employés blanc-bleux...
Bref. Si vous êtes jeunes. 2/3 ans dans la formation pour arrondir les fins de mois, c'est pas mal. Un metier facile puiqu'il ne demande que peu de qualification. Un metier intéréssant, parcequ'on rencontre tout plein de gens bien payés...eux.

Mais bon, pas plus de 3 ans, hein; passqu'après, les ennuis commencent. 3 ans, c'est juste le temps correct pour le formateur de langue pour ne pas être trop revendicateur. Après, ça lasse la direction, qui de toutes façons, n'a rien d'autre à proposer aux formateur de langues que d'être... formateur de langues.
Commercial ? Vous n'y pensez pas mon bon monsieur, ces intellectuels n'y comprennent rien. Manager...Pour qu'ils trahissent nos petits secrets à leurs copains ? Pas mieux pour une bonne grêve...Non non. Pas de promotion. Et si en plus, comme ils ne comprennent pas trop le français, on peut les enfler par ci par la, on ne se gênera pas....

L'avenir pour les formateurs de langue ? Heuuu. La mondialisation , vous connaissez ? L'ordinateur nomade, les transmission en stream temps réel, et tout ? Lecours telephone avec du prof pas cher aux Philipinne et en Inde, en ce moment ca cartonne bien du coté des entreprises. Alors, vous imaginez bien que pour le français (par exemple), des hordes de populations africaines attendent avec impatience la baisse du cout des telecommunications avec leur continent. Après cela, il faudra oublier le temps du bon vieux formateur pepere dans sa deudeuche et - oui aussi - les bonnes lois de notre bon pays. Vous n'y pensez pas mon ami...Des africains ? Ils se contenteront bien de quelques dollars. Quoi ? Une couverture sociale ? Des cotisations ? Nonnnn...C'était au 20e siècle tout cela...

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